« S’échapper de la monotonie du quotidien » — exposition personnelle de Yeaji Park


[Focus sur la culture]

«Fondre et assembler le fer pour révéler qui je suis»

sur«Séchapper de la monotonie du quotidien» l'exposition personnelle de Yeaji Park

Par Park Jong-il, journaliste, Publié le 23 août 2020 à 12h00, Mis à jour le 26 août 2020 à 00h50

Exposition personnelle de la sculptrice Yeaji Park jusqu’au 30… à la galerie-café « Temps lent » (446-2 Seobudaeseong-ro)

 


Quand on pénètre dans « Temps lent », on remarque partout sur les murs des lianes séchées de plantes et des branches suspendues. Mais en s’approchant, on découvre qu’il s’agit en réalité de sculptures représentant la tête de cheval, réalisées en fer de manière très épurée. Ce sont les œuvres de la série des chevaux de l’artiste Yeaji Park.

 

Comme souvent en art, une œuvre qui simplifie radicalement un sujet invite en réalité à en imaginer toute la richesse. Les chevaux, réduits à de simples lignes, mettent en lumière l’essence et l’histoire de l’animal bien plus distinctement. Le cheval accompagne l’humanité depuis la nuit des temps, et on retrouve dans ses œuvres une mosaïque de figures humaines.

 

Le cheval, ayant perdu son rôle de force de travail au profit de la machine, n’est plus une présence ordinaire en ville; il incarne dès lors lidéal, la nostalgie, la liberté et lénergie brute qui voudrait courir à travers la nature.

 

Comme de nombreux poètes qui ont chanté la mythologie et la condition humaine à travers le cheval, l’artiste évoque l’homme et la nature via cet animal.

 

Pourquoi le cheval? «Il ny a pas vraiment de raison précise. Depuis toute petite, jadore les chevaux. Peu importe le support: dessin, photo, peluche ce sont comme une partie de mon identité. Cest donc devenu naturellement le thème de mes œuvres. L’autre chose qui me remplit, c’est la soudure. Petite, fascinée par le spectacle du métal fondu et des étincelles, j’ai été conquise. »

 

À l’âge de 12 ans, attirée par l’art et la liberté, elle part étudier le design à l’École Boulle à Paris avant de revenir en Corée en 2010. Après un bref passage dans une entreprise de design, elle saute le pas et se consacre à une vie guidée par l’inspiration artistique: travailler le métal par fusion et assemblage, pour créer ses sculptures.

 

Pour mieux comprendre et représenter le cheval, elle devient apprentie dresseuse et apprend la soudure, affinant sa préparation avant d’organiser sa première exposition en 2017 avec quarante sculptures de chevaux, transformant sa carrière de designer en celle de sculptrice.

 

Fidèle à sa propension à s’investir pleinement dans ses passions et ses sujets d’étude, sa longue affection pour les chevaux et la soudure sont la colonne vertébrale de son art.

 

Ses sculptures en trois dimensions sont réalisées en empilant des baguettes de soudure fondues au TIG, un procédé qui ressemble à la création avec un stylo 3D. Ces œuvres raffinées et élégantes sont très recherchées, à tel point qu’elles ont été demandées par des chaînes de télévision pour décorer les espaces-clés de séries populaires.

 

Ses œuvres en deux dimensions sont exécutées sur des plaques de métal au moyen de croquis, puis de soudure fondue comme un dessin, ou en utilisant la soudure à l’arc et en laissant couler la baguette comme de la cire pour créer une image.

 

Sept œuvres bidimensionnelles et quatre sculptures tridimensionnelles sont actuellement exposées, illustrant la quintessence de la simplicité formelle.

 

«Je ne cherche pas à attribuer de grandes significations esthétiques ou philosophiques à mon travail. Je veux juste bien exprimer les sujets que j’aime, en fondant, empilant et reliant le métal. Interprétez et imaginez librement. Disons que le processus dassemblage du métal me fait réfléchir à mes rapports avec les autres et au monde. Je vous invite à ressentir la liberté d’un cheval lancé au galop, à sortir du quotidien.»

 

Tout en poursuivant sa série sur les chevaux par la soudure, l’artiste prévoit d’étendre son champ à des nus et des peintures. Cependant, elle tient à continuer de simplifier ses sujets pour en rappeler l’énergie et l’histoire originelles. Mais on ne sait jamais: avec son esprit libre et ouvert, elle pourrait toujours modifier ses plans.

 

Source: « Chuncheon Saramdeul » (https://www.chunsa.kr) ; article par Park Jong-il ; traduction : Park Yeaji


Commentaires